Luminothérapie : lumière bleue ou blanche ?


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Luminothérapie : lumière bleue ou blanche ?

La luminothérapie, parfois appelée photothérapie ou thérapie par la lumière artificielle, est utilisée depuis des décennies pour soigner les troubles de l'humeur et du sommeil, mais aussi pour accélérer la cicatrisation des plaies et soigner des problèmes cutanés comme l'acné. L'hypothalamus de votre cerveau (souvent appelé horloge biologique) utilise la lumière du soleil pour réguler les cycles éveil – sommeil de notre organisme. Si vous avez des problèmes de sommeil, d'humeur ou d'énergie, votre horloge biologique ne réagit peut-être pas correctement aux signaux lumineux normaux.

La lampe de luminothérapie vient donc simuler la lumière du jour pour rétablir le rythme circadien et améliorer votre confort de vie, notamment en hiver, lorsque le taux d'ensoleillement baisse de manière substantielle. Mais pour quelle lumière faut-il opter ? La blanche ou la bleue ? Réponse dans ce décryptage, après avoir vu comment bien choisir sa lampe de luminothérapie.

Les caractéristiques d'une « bonne » lumière pour améliorer son quotidien

Comme vous l'avez sans doute lu dans nos articles qui abordent l'aspect technique de la chose, les meilleures lampes de luminothérapie sont celles qui émettent à 10 000 lux une lumière affichant les caractéristiques suivantes : une température comprise entre 5 500 et 6 500° K (entre D 55 et D 65) avec un Indice de Rendu des Couleurs (IRC) supérieur à 85. Mais quid de la question de la couleur ? Evacuons une option d'emblée : la couleur rouge est destinée aux soins de la peau : cicatrisation, traitement de certaines formes d'acné et de psoriasis, etc.

Pour le Trouble Affectif Saisonnier (TAS), certaines formes de dépression modérées ou sévères, les troubles du sommeil (insomnie et/ou hypersomnie), la fatigue chronique (asthénie) et autres troubles du rythme circadien et de l'horloge interne, vous avez le choix entre la lumière blanche et la lumière bleue. La première est, de loin, la plus utilisée dans les dispositifs de luminothérapie destinés au grand public. Mais les dernières recherches montrent que la couleur bleue est au moins aussi efficace que la blanche, avec quelques avantages en plus.

Le traitement à la lumière bleue a été développé en collaboration avec les principales universités de recherche américaines et le National Institute for Health. La luminothérapie basée sur la lumière bleue n'a été approuvée et adoptée par les établissements de soin que très récemment, à partir de 2017. L'état d'avancement de la science ne permet pas encore de comparer réellement la lumière bleue et la lumière blanche, mais des hypothèses de travail crédibles ont été émises.

Pourquoi la lumière bleue ?

Bien que la lumière émise par le soleil semble être blanche, elle est en réalité composée de tout le spectre des couleurs. C'est ce que l'on appelle le spectre complet. Les meilleures lampes de luminothérapie propose un spectre non pas complet (cela est impossible), mais plutôt large qui s'approche de celui de la lumière naturelle. Cela devient apparent lorsque la lumière du soleil brille à travers la pluie et qu'elle est divisée en un spectre complet de couleurs créant un arc-en-ciel.

La théorie qui sous-tend les lampes de luminothérapie conventionnelles à large spectre (lumière blanche) repose sur la simulation, ou l'émulation pour être plus précis, d'une lumière comparable à celle du soleil. Par conséquent, ces lampes de luminothérapie visent à « tromper » le cerveau pour prévenir la carence d'exposition à la lumière du soleil. Rappelons que toute carence à ce niveau cause des dérèglements dans la sécrétion de la mélatonine (hormone du sommeil) et de la sérotonine (hormone du bien-être), ce qui explique les insomnies, les hypersomnies, la tristesse, la perte de plaisir, etc.

Les scientifiques ont récemment découvert que des longueurs d'onde spécifiques de la lumière bleue, qui se trouvent également dans la lumière du soleil, favorisent une réponse positive chez les patients souffrant de carence en lumière. Par conséquent, les lampes de luminothérapie qui reprennent un certain spectre de la lumière bleue sont au moins aussi efficaces que celles qui émettent une lumière blanche à large spectre. L'intérêt est surtout économique : il est plus facile de fabriquer une lampe à lumière bleue qu'un dispositif à large spectre émettant une lumière blanche.

Les travaux de recherche sur l'efficacité de la lumière bleue

En isolant différentes longueurs d'onde de la lumière, les chercheurs des principales universités médicales américaines et de l'Institut national de la santé (NIH) ont découvert qu'une seule longueur d'onde bleue suffit pour produire une réponse positive chez les personnes souffrant de dépression saisonnière et d'autres troubles liés au rythme circadien. À la suite de ces recherches, certains fabricants ont développé leurs propres dispositifs de luminothérapie à la lumière bleue, avec les avantages suivants :

  • Une intensité lumineuse plus faible pour les mêmes résultats, ce qui peut être pratique pour les personnes qui ressentent de la fatigue et des maux de tête devant une lumière blanche puissante (10 000 lux) ;
  • Des temps de traitement plus courts, malgré la faible puissance des lampes de luminothérapie à lumière bleue ;
  • Des dispositifs plus compacts et moins coûteux ;
  • Aucun effet secondaire signalé (pour le moment) ;
  • Une plus grande marge de manœuvre pour régler la puissance lumineuse ;
  • Des longueurs d'ondes plus petites, ce qui préserve l'utilisateur de la fatigue oculaire ;
  • Un gain de temps, puisque les séances de luminothérapie sont raccourcies.

Historiquement, seules les lampes de luminothérapie à large spectre étaient utilisées pour traiter les troubles liés à la déficience lumineuse, que ce soit pour le traitement du Trouble Affectif Saisonnier (TAS), des épisodes dépressifs péri-annuels ou encore des troubles du sommeil. Cependant, les progrès de la recherche et de la technologie ont montré qu'une longueur d'onde particulière de lumière bleue pouvait être au moins aussi efficace, à faible coût.

En somme, avec une lampe de luminothérapie à lumière bleue, vous avez au moins les mêmes avantages que la lumière blanche, mais à un prix moins élevé, avec des produits plus compacts, plus légers, moins puissants et moins susceptibles de causer des effets secondaires. Nous devons toutefois, par honnêteté intellectuelle, concéder que la lumière bleue n'a pas encore été éprouvée sur plusieurs années comme la lumière blanche. Le fait qu'elle ne cause pas d'effets secondaires est donc sujet à caution.

10 000 lux de lumière blanche pour 8 lux de lumière bleue

Les photorécepteurs de la mélanopsine, qui un photopigment décelé dans la rétine et les cellules ganglionnaires sensibles à la lumière, doivent être stimulés par une lumière bleue afin que le cerveau réponde favorablement à la luminothérapie. Il s'avère que la lumière blanche très brillante fonctionne parce qu'elle contient une partie de la lumière bleue nécessaire. Cependant, les scientifiques ont découvert que le bleu seul est plus efficace que la lumière blanche contenant du bleu.

Comparée aux 10 000 lux de lumière blanche et aux LED blanches, la lumière bleue est au moins aussi efficace, à plus faible dose. De plus, en utilisant seulement 8 lux de lumière bleue, les chercheurs ont pu démontrer la même réponse par rapport à 12 000 lux de lumière blanche. L'élimination de ces longueurs d'onde inutiles augmente l'efficacité et réduit également de manière significative l'intensité globale.

La plupart des lampes de luminothérapie de 10 000 lux contiennent émettent de la lumière bleue en quantité. Pourquoi ont-elles besoin d'une intensité aussi élevée pour produire les mêmes effets que 8 lux de lumière bleue seule ? La réponse à cette question n'est pas encore connue, mais l'hypothèse la plus crédible est la suivante : la lumière blanche de haute intensité peut sur-stimuler les photorécepteurs de l'œil, ce qui rend la réponse de la mélanopsine plus difficile.

Lampe Comment choisir Lumière bleue ou blanche